SUITE
-Le baptême du Saint-Esprit avait été clairement annoncé par Jean Baptiste. #Mt 3.11; Mr 1.8; Lu 3.16; Joh 1.33 Jésus lui-même en répète la promesse #Ac 1.4-5 et les 2 accomplissements historiques mentionnés expressément dans le N.T. en furent l'événement de la Pentecôte("...dans peu de jours, vous serez baptisés du St-
Esprit") et celui de la maison de Corneille
(11.15-16). La définition la plus précise de ce bapt. est donnée par
1 Cor. 12.13 Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour
former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons
tous été abreuvés d'un seul Esprit.
NOTES #1 Cor. 12.13: opéré par l'Esprit divin, il a pour effet de placer
(immerger) "en Christ" chaque croyant, faisant de lui un membre de son
Corps, et l'unissant en même temps à tous les autres enfants de Dieu.
Le temps du verbe "nous avons tous été baptisés..." indique qu'il s'agit là
de l'expérience initiale: l'homme régénéré n'a donc plus à rechercher le
baptême de l'Esprit, ni un "nouveau baptême" (ce qui n'existe pas), mais
la plénitude de l'Esprit constamment renouvelée. V. Saint-Esprit. -Le
baptême d'eau exprime de façon extérieure ce que le bapt. de l'Esprit a
produit sur le plan spirituel. Puisque le croyant meurt et ressuscite
avec Christ, il est compréhensible que l'Eglise primitive ait pratiqué le
bapt. d'eau par une immersion totale du corps du néophyte.
Le vieil homme, crucifié avec Jésus, disparaît sous l'eau; c'est un nouvel
homme qui en sort, mort au péché et régénéré pour une vie nouvelle
#Ro 6.3-11; Col 2.12 Le bapt. d'eau est donc simplement l'affirmation et la
manifestation de ce que le bapt. de l'Esprit a produit au fond du coeur.
C'est la raison pour laquelle Paul peut déclarer qu'en réalité, il n'y a qu' un seul
baptême. #Eph 4.5
-4. La foi et le baptême. Le bapt. d'eau n'agit pas de façon magique:
il présuppose la foi chez celui qui le demande: "Faites des disciples...,
NOTES : les baptisant". #Mt 28.19
Tous les passages clairs des Actes montrent que la repentance et la foi précèdent le bapt. Voyez les cas suivants: les 3000 de la Pentecôte (2.38, 41); les Samaritains et Simon le magicien (8.12-13); l'Ethiopien (8.36-38); Saul (9.17-28; 22.16); Corneille et ses amis (10.47-48; 11.16-17); Lydie (16.14-15); le geôlier de Philippe (16.30-34); les
Corinthiens (18.8). Paul souligne ailleurs le rapport de la foi et du baptême.
#Col 2.12 Pierre enfin déclare formellement: "le baptême... n'est pas la
purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne
conscience devant Dieu, et qui maintenant sauve" #1Pe 3.21
-Le bapt. est ainsi pour le croyant à la fois un engagement et un
témoignage. Etant la réponse de celui-ci au don de la grâce divine, il
devient bien un engagement, une confession de foi. On sait que c'est à
l'occasion du bapt. que se firent les premières confessions de la foi
chrétienne. Le baptisé rend en même temps témoignage vis-à-vis des hommes
de l'engagement qu'il a pris devant Dieu.
Calvin écrit: "il (le bapt.) sert à notre confession devant les hommes en cette
manière qu'il est une marque et enseigne par laquelle nous protestons que nous
voulons être ennombrés au peuple de Dieu, par laquelle nous testifions que nous
consentons et accordons au service d'un seul Dieu et en une religion avec
tous les chrétiens, par laquelle finalement nous déclarons et assurons publiquement
quelle est notre foi" (Inst. chrét., III. p. 233). -Si la foi et le bapt. de l'Esprit (celui
qui nous sauve,) sont devant Dieu l'essentiel, on peut dire encore ceci: le bapt. d'eau nous est formellement ordonné par le Seigneur; mais en disant: "Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé", il a ajouté seulement: "Celui qui ne croira pas, sera condamné". #Mr 16. 16 Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.
Ce bapt.-là en lui-même n'est donc pas nécessaire au salut. Calvin voit
en lui un signe, une représentation visible de la grâce. Mais il faut
comprendre le signe pour qu'il accomplisse sa fonction; hors de la
connaissance il demeure sans signification. "Qu'est-ce que le sacrement
sans foi, sinon la ruine de l'Eglise?" (Inst. chrét. IV. ch. 14 et 15, passim.).
La doctrine calvinienne postule le seul bapt. des croyants, et l'on ne peut tenter de
légitimer le pédobaptisme calvinien (tel qu'il est inscrit dans l'Institution IV. ch. 16,
et pratiqué dans les Eglises Réformées) que par l'argument de la paix de l'Eglise
invoquée par le réformateur (IV, 16, 1) et par celui du problème soulevé par les
anabaptistes. Ce grave problème a en effet bouleversé l'esprit du calvinisme, ainsi
que l'a clairement montré le prof.
Wendel (Calvin,
Sources et évolution de sa pensée religieuse, 1959; cf. A. Lamorte, Réflexions à propos de doctrines de la prédestination et du bapt. chez Calvin, Lib. Prot. Paris, 1959. V. aussi la Règle du bapt. des enfants de croyants, Confession de 1559, art. 35). -Pour Zwingli, le sacrement n'est qu'un symbole et un témoignage public. Le bapt. manifeste la foi du croyant, mais ne confère pas une grâce.
Toutefois, le refus du bapt. lui apparaît comme un crime contre la cité (cf. Strohl, La pensée de la Réforme). -Les Luthériens modernes décrivent le bapt. comme l'introduction d'une étincelle de vie chrétienne dans la conscience et la volonté du baptisé (petit enfant). -Selon l'Eglise Romaine, le bapt. régénère, enlève le péché originel et, s'il s'agit d'un adulte, tous les péchés actuels.
C'est ainsi qu'on interprète Jn. 3.5: "naître d'eau et d'Esprit". Les petits enfants morts sans baptême seront à jamais privés du ciel. Le sacrement agit ici ex opere operato.
-5. Baptême des enfants ou pédobaptisme. Sur quels textes bibliques s'appuyent les nombreux chrétiens qui pratiquent le bapt. des enfants? On a pensé essentiellement qu'il avait pu y avoir des enfants dans les familles baptisées ensemble, selon #Ac 16.15, 33; 1Co 1.16 Mais c'est un argument tiré du silence, car aucun de ces passages ne fait une déclaration expresse à ce sujet. Il semble même que d'après #Ac 16.34 la famille du geôlier fut en état de se réjouir avec lui de ce qui s'était passé. Parlant de croyants mariés à des non-chrétiens, Paul dit que dans ce cas "vos enfants sont saints" #1Co 7.14 on en conclut qu'ils seraient aptes au bapt. Le prof. F. Leenhardt écrit à ce propos: "Mais c'est le contraire qu'il faudrait en tirer; s'ils sont saints, ils n'ont pas besoin de bapt.! Ils ont de naissance ce que le bapt. devrait leur donner: Le fils d'un noble n'a pas besoin d'être annobli.
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